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Ces quelques lignes en souvenir de notre ami Jean Bernard Martin récemment disparu, suivies d’un article qu’il avait écrit pour l’Association Sportive des Chasseurs à l’Arc. 

asca134

Jean Bernard a intégré l’ASCA en 1997 et en porte le numéro ASCA 134. Longtemps administrateur il a aussi été quelques années Secrétaire puis Vice-Président de notre association.

Jean Bernard a fait partie des premiers instructeurs formés pour pouvoir dispenser les sessions de formations à la chasse à l’arc qu’il a animé en particulier lorsqu’il présidait de 2004 à 2008 CAEVY (Chasseurs à l’Arc de l’Essone du Val d’oise et des Yvelines) puis CAF (Chasseurs à l’Arc Franciliens).

Il a longtemps dirigé de main de maître l’épreuve théorique de l’examen ASCA. Lors du corrigé, son sens de la pédagogie, ses nombreuses connaissances cynégétiques et son éthique du chasseur à l’arc se transmettaient en exemple aux candidats.

Beaucoup se souviennent aussi d’avoir passé leurs examens ASCA chez lui à Bel Ebat.

Nous garderons en mémoire sa droiture, sa générosité et sa convivialité. Il avait aussi un sens aigu du partage et a été très actif aussi dans le parrainage de nouveaux membres ASCA.

Sa fameuse expression « une mauvaise flèche qui est bien arrivée » restera aussi dans nos mémoires.

Nous pensons bien sûr à sa famille mais surtout à Elisabeth avec laquelle il était très uni dans le partage mutuel de leurs vies au quotidien.

Bonnes flèches à toi Jean Bernard.

Pour l’ASCA

Paul de FOUCAUD (ASCA 51)

Président

 

Il était une fois Roumare, par Jean Bernard Martin (ASCA 134)

C’était il y à longtemps…, du temps ou l’on chassait à l’approche ou en poussée silencieuse….

Un  jour d’hiver, du temps ou Bernard AUNAY était encore parmi nous, rendez vous est pris en forêt de ROUMARE avec le responsable ONF pour une poussée silencieuse dans les engrillagements. C’est là que se réfugient les cerfs et où ils se nourrissent des plans de jeunes arbres  causant des dégâts aux plantations ( ce que  les forestiers apprécient peu !….)

Nous prenons position sur des coulées et trous de sortie, Le forestier entre dans  l’enceinte avec un ou deux chiens.

Pour ma part, je suis placé de l’autre coté d’un chemin bordant l’ engrillagement , face à une porte dont la barrière est grande ouverte.

Je me positionne entre deux jeunes pins, pose mon filet de camouflage afin de me dissimuler des animaux qui remonteraient du fond de la parcelle. Soudain  j’entend le griffon de Jacques le forestier  qui donne de la voix . Quelques instants plus tard débuche un grand huit corps qui se dirige vers la sortie au grand trot. Mon cœur commence à battre la chamade…. Je me crispe un peu sur mon Black Widow et me prépare, à genoux derrière mon écran  constitué par le filet.

Une saute de vent et le cerf  freine des quatre fers, opère une volte face et repart. Quelques dizaines de mètres plus loin il prend son parti et saute le grillage, se réceptionne mal, boule en avant,  se relève et disparaît dans une sapinière.

Je reprend mon affut  et quelques minutes plus tard je vois monter vers moi un sanglier  d’ une cinquantaine de kilos qui arrive tranquillement au petit trot. Il n’est pas question de décocher, les sangliers sont chassés en battue sur la forêt et font l’objet d’une adjudication tout comme les biches. Celui-ci  reste dans l’enceinte et il passe à une dizaine mètres de moi, par le travers,  idéal quoi !……

Mon attente reprend et ce sont une chevrette et son jeune qui arrivent. Ils traversent l’allée et  passent dans la coulée à 5- 6 mètres de moi. Je ne bouge pas d’un poil , à genoux, la tête baissée, je  vois le chevrillard me regarder au passage. Il accélère à peine le pas et suit sa mère. Que de plaisir, que de frustration, d’avoir tant d’animaux devant soi et ne pas tirer….

Le temps passe et je perçois un mouvement le long de la clôture de séparation. Après un moment j’arrive à identifier un gros daguet qui monte, s’arrête, écoute les chiens, repart …Il  fait demi- tour …la tension monte …

Soudain il fait à nouveau volte face et monte le long du grillage en direction de la porte. En fait il  suit la voie qu’avaient empruntés les chevreuils.  Il sort sur le chemin et se dirige vers la coulée. Je  suis à bon vent, bien dissimulé derrière mon filet. Il passe à ma droite, je ne bouge pas, j’attend qu’il passe derrière un arbre qui lui dissimulera la vue de mon emplacement. J’arme mon arc et attend qu’il dépasse le tronc qui se trouve à une douzaine de mètres de  moi . Les 71 livres de l’arc me pèsent et le temps me parait long. Lorsque le coffre se dégage de l’arbre, je décoche.

J’aperçois l’empennage de la flèche qui dépasse derrière l’épaule, le cerf accélère brutalement et disparaît dans une coupe proche.

Je ne réalise pas très bien, tout s’est passé tellement  vite, je n’ai pas réfléchi,  j’ai agi d’instinct comme dans un état second.

Je vois arriver Jacques qui me fait le geste { et alors ? ……} Je lui relate la rencontre. Je pense que ma flèche est correctement placée. Il s’agit  maintenant de faire la recherche de l’animal. Nous trouvons rapidement une piste de sang abondante qui part en direction de l’endroit où je l’ai vu disparaître. Le teckel de Bernard tire sur sa laisse ( ça sent bon)… Enfin à plus de 150 mètres, nous le trouvons couché, mort. Je réalise enfin.  J’ai tué mon premier cerf. La flèche est entrée derrière l’épaule  droite au dessus du coude. Comme je l’ai  tiré à  genoux, la trajectoire de sortie  se situe en haut de l’épaule gauche.roumare 3

J’ai droit aux félicitations , aux photos … Il me reste aujourd’hui le souvenir plein d’émotion de cet événement et du bon temps passé en compagnie d’un ami maintenant disparu mais qui continue  d’exister au récit de cet événement …..

Jean – Bernard MARTIN

ASCA  134

roumare 4

 

 

 

 

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