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Notre ami Vincent partage sa chasse aux ragondins avec son jeune fils…

Tout a commencé le mardi 12 mai au petit déjeuner avant d’accompagner mes enfants à l’école. Il fait beau et la température est clémente et en ce matin, je me dis qu’une petite sortie ragondins ce soir serait bien sympathique. Mon grand fils Axel de 5 ans et demie n’ayant pas école le lendemain, je lui demande, entre deux gorgées de café, si il veut venir avec moi ce soir, chasser ces diables de ragondins.

La réponse fuse comme une flèche : « ouiiii, allez on y va maintenant papa ???? ».

« Hum, non fils, je te rappelle que tu as école, mais ce soir après avoir couché ton petit frère on y va ! ». Déception d’Axel, contestation jalouse d’Hugo (bientôt 3 ans) qui lui aussi veut faire partie de l’équipe, sourire complice de mon épouse …

C’est la première fois qu’il va m’accompagner à la chasse et, moi aussi, je suis impatient de partager ce moment, juste lui, moi et les ragondins. Sur le chemin de l’école, je suis harcelé de questions mais surtout mon fils veut savoir si il pourra prendre son arc…. ça promet !

L’après-midi en arrivant de l’école, il m’aide à préparer mes affaires et les siennes, re-tentative pour savoir si il peut apporter son arc et ses flèches …. pas encore, fils, ça viendra ! Nous sommes peu avant le dîner, nous avons prévu de partir de la maison vers 20h30, l’impatience grandit.

Enfin le moment tant attendu arrive, mon épouse embrasse Axel et lui demande de rapporter un ragondin, on a envie de terrine en ce moment ! J’ai également droit à mon bisou et à un regard qui veut dire : fait attention à notre progéniture ou sinon…et aussi au : j’ai envie de terrine…..pression quand tu nous tiens…

Il est 20h35 quand nous arrivons sur mon lieu de chasse…. et oui, j’ai la chance d’avoir un « spot » à seulement 5mn porte à porte de chez moi.

Tout en m’équipant, je passe les consignes à mon fils : « à partir de maintenant, il va falloir être silencieux et bien observer autour de toi, il n’y a pas que des ragondins : chevreuils, faisans, renards, canards et autres animaux de nos campagnes sont ici chez eux, il faut les déranger le moins possible, nous devons être discrets ! ». J’en rajoute un petit peu pour le mettre dans l’ambiance du chasseur en quête de sa proie, je veux qu’il soit dans sa bulle hors du temps et du monde moderne….pour moi c’est aussi ça la chasse : ressentir des émotions primaires et me sentir être vivant et en phase avec « pachamama ».

Allez en avant ! Allons traquer cet animal « féroce et dangereux » qu’est Myocastor coypus (et ce n’est pas si faux que ça si l’on tient compte de sa capacité à envahir nos cours d’eau et être porteur de la leptospirose).

Les herbes sont hautes pour accéder à la rivière et elles dépassent la tête de mon fils, je lui demande de marcher derrière moi pour qu’il ne se pique pas avec les orties. La marche n’est pas longue mais elle prend un peu plus de temps surtout qu’une envie pressante envahit mon fils… Le soleil est bas, à la cime des grands chênes, nous progressons sans bruit et je crois qu’il, comment dire, « pétoche » un petit peu….d’où la pause pipi indispensable au milieu des herbes. Une fois soulagé, nous continuons à avancer lentement, enfin nous arrivons au premier point d’observation .

Je lui explique comment vivent les ragondins et rats musqués, je lui montre les trous des terriers et lui précise qu’il faut chercher à voir les ondes sur l’eau pour identifier si c’est bien un ragondin. Les nombreuses poules d’eau sont autant de pièges à éviter et il est appliqué dans ses observations. Nous continuons à longer la berge, il y a de nombreuses coulées de ragondins. Par chance nous arrivons à un endroit où les herbes sont moins hautes. Je lui demande de s’approcher pour venir voir une plage habituellement fréquentée par les ragondins.

En regardant sur ma droite, je détecte une onde plus importante que celle faite par les poules d’eau, je dis à mon fils de regarder si il voit ce que c’est… Ca y est , un ragondin et de taille honorable visiblement. Je lui demande de revenir un peu en arrière. Nous parlons tout doucement et je lui dis que je vais m’approcher pour avoir un bon angle de tir.

Le ragondin se rapproche, mon fils est fébrile, j’arme rapidement les 59# de mon Morrison. L’animal est maintenant à 3m de nous, me fait face légèrement de côté découvrant son profil droit. Je décoche ……fiiiiioouuuu, splatchhhhh……

Ma flèche a traversé l’animal. Il disparait sous l’eau….je connais la robustesse du ragondin et je cherche à le repérer.

Mon fils est exalté : « ohlala, tu l’as eu papa ? Dis tu l’as eu ? ».

Je lui dis qu’il faut que nous le cherchions rapidement car :
1: le courant est présent et peut emporter le ragondin loin de nous,
2: je ne veux pas qu’il regagne son terrier.

Je déploie mon épuisette et je le vois à une quinzaine de mètres de nous. Il a refait surface et tourne en rond. Rapidement il se met à tourner sur lui-même ce qui présage une mort imminente. Le temps de parcourir la distance nous séparant et voilà que maintenant il flotte en surface.

Je récupère l’animal sous les félicitations de mon fils. Il n’en revient pas, tout est allé si vite. Je suis très content de le voir si heureux et fier de son papa, c’est une immense satisfaction pour moi. Une accolade et une tape dans la main….tendre moment de complicité. Il me demanda ce que nous allions en faire maintenant.

Je lui dis que comme tout animal que je chasse, nous allons
– lui rendre les honneurs,
– remercier St Hubert,
– avoir une pensée pour le papa de mon épouse qui nous a quitté il y’a quelques mois et dont mes fils étaient très proches (et qui à n’en point douter était avec nous ce soir là).
– préparer le ragondin pour en faire une bonne terrine .

Ragondin Vincent

Au loin, une silhouette connue, mon ami et formateur à ma JFO (WG, qui fut président d’une association de chasseurs à l’arc en région parisienne pendant un temps). Il est aussi un peu mon mentor car c’est avec lui que j’ai fait mes premières flèches. Nous nous retrouvons pour lui montrer notre prise, il gratifie mon fils en lui disant qu’il a bien chassé…..pas peu fier le fiston ! J’en fait de même.

De retour à la voiture,nous effectuons « la pesée » : 5,5kg .

Heure de retour à la voiture : 21h20.

Mon fils ne semble pas redouter l’éviscération, je suis surpris car, à son âge, je ne sais pas si j’aurais pu y assister . Il est même assez curieux de savoir si cet animal il avait des os comme nous… Je peux alors constater l’atteinte de ma flèche qui a tranché le poumon droit.

Ensuite, je demanda à mon fils si il veut rester un peu pour tenter d’apercevoir les brocards qui se trouvent sur le territoire, la réponse est négative, il est trop impatient de retourner voir sa maman pour lui raconter notre aventure. De retour à la maison, ma femme est ravie d’écouter l’histoire d’un petit garçon qui allait pour la première fois à la chasse avec son papa…..

De sacrés souvenirs en mémoire avec mon fils ainé !

Vincent – ASCA186

PS: la terrine est délicieuse ….
PS 2 : merci à Michel L sans qui je ne pourrais chasser sur ce territoire.

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